Emploi et insertion

Un pari gagnant !

Une école ou un hall d’entrée rénovés, des espaces verts en beauté, des jeunes motivés, une expérience valorisante et professionnalisante, des usagers enchantés…, un pari gagnant ! Interviews croisées…

A Meyzieu, les vacances d’hiver 2011 ont été productives : peinture de la bibliothèque et de la salle de jeux de l’école maternelle Jules Ferry, rénovation des halls d’immeubles de la résidence Les Mimosas, travaux d’entretien au centre aquatique mais aussi bricolage et manutention à la base de voile du SIVOM…

Rénovation des halls de la résidence les Mimosas

Fares et Yoan en chantier "peinture" dans la résidence Les Mimosas

A leur retour de congés, les Majolans bénéficieront d’un cadre accueillant et agréable grâce aux 10 jeunes des 4 chantiers organisés par la Ville.

 Tous gagnants

Ces chantiers sont une réussite car ils bénéficient à tous. Qu’ils s’agissent des chantiers de pré-insertion ou des chantiers Ville-Vie-Vacances, « Tous gagnants » pourraient en être le slogan !

Ils permettent à des jeunes de 16 à 25 ans, éloignés du monde du travail ou qui souhaitent économiser, de se projeter dans un projet valorisant et de se confronter au monde du travail. Souvent en perte de confiance, les jeunes ont ainsi l’occasion de se prouver qu’ils sont capables d’accomplir quelque chose d’utile pour les autres. Ces missions constituent un véritable tremplin, un déclic pour les responsabiliser et leur permettre d’avancer dans un parcours d’insertion vers une formation ou un emploi. C’est aussi une expérience stimulante pour le personnel qui encadre ces jeunes et leur remet le pied à l’étrier.

Un BEP mécanique en poche, Kevin, 18 ans, vient de débuter un chantier de 8 mois à la base de voile du Grand Large, gérée par le SIVOM : « Le chantier se passe super bien. J’apprends beaucoup sur la mécanique des bateaux à moteur, mais aussi sur l’entretien des locaux... C’est un vrai tremplin pour moi parce que j’ai toujours été attiré par le nautisme. Du coup, après le chantier, je partirai peut-être à l’armée ou je monterai mon entreprise de mécanique bateau ».

Kevin en chantier à la base de voile

Kévin en chantier d’insertion à la base de voile du SIVOM

« Les jeunes, comme Kevin, sont de vrais soutiens pour l’activité de la base. Ils sont très polyvalents et touchent à tout, même si nous veillons à adapter les missions en fonction des jeunes que nous recevons. Ils sont vraiment impliqués dans la vie de la base, pour les tâches quotidiennes mais aussi parfois pour l’accueil du public » explique Gérald, encadrant et responsable de la base de voile.

Entretien au SIVOM

Amine en chantier éducatif à la base de voile du SIVOM

Mostefa, 16 ans, est positionné quant à lui sur un chantier Ville-Vie-Vacances et participe à l’entretien du centre aquatique. Christian, son référent, nous raconte « Mostefa nous aide réellement durant cette période de vacances. Nous ne pouvons qu’être satisfaits de son travail, il est très autonome et s’implique dans ce qu’il fait ». « C’est vrai qu’ils me font confiance, ils prennent le temps de m’expliquer. Ca m’a permis de découvrir le monde du travail et puis c’est sympa de travailler à 27-28°C même s’il faut se lever tôt ! », poursuit Mostefa.

Mostefa en chantier éducatif au centre aquatique

Mostefa en chantier éducatif au centre aquatique Les Vagues

Ces chantiers ont davantage une visée éducative, ils permettent aux jeunes, surtout de 16 à 18 ans, de gagner un peu d’argent pendant les vacances tout en poursuivant leurs études.

Chantier au Sivom

Kahina en chantier éducatif à la base de voile du SIVOM

Olivier, responsable du service espaces verts de la ville de Meyzieu, revient sur cette « expérience gagnant-gagnant » : « Pour les jeunes, ces chantiers sont une première expérience et pour nous, c’est une aide non négligeable durant la haute saison en espaces verts ».

Une école embellie, un immeuble rénové, une cabane en bois pour jouer avec les copains… Lors de ces missions, dont la durée varie de 7 jours à 8 mois, les jeunes participent réellement à améliorer le quotidien des habitants.

« Je suis vraiment content du résultat. L’équipe était sympa et le chantier me permettra de payer ma formation d’infographiste par correspondance » raconte Jonathan qui a participé à la rénovation de deux salles de l’école Jules Ferry. Même chose pour Mourad qui semble avoir trouvé sa voie « Je me sens bien avec un pinceau dans la main. J’ai découvert le métier de peintre et j’ai envie de continuer là-dedans surtout quand on voit le résultat à la fin ».

Jérémie et Jonathan en chantier à l'école Jules FerryMourad en chantier à l'école Jules Ferry

Jonathan, Jérémy et Mourad en chantier "peinture" à l’école Ferry

« Lors des chantiers, je suis un peu l’empêcheur de tourner en rond. Je suis le chantier et le travail des jeunes pour m’assurer qu’il soit bien fait et dans les délais. Les jeunes comprennent bien ces contraintes, ils savent qu’on est là pour les aider et les motiver. On fait le point chaque jour sur l’avancée des travaux et on corrige ce qui ne va pas si c’est nécessaire » explique Georges Nébié, responsable des chantiers éducatifs et de pré-insertion au sein du service prévention de la Ville.

 Une dynamique qui fonctionne

En 2010, sur les 22 jeunes participants, 11 ont démarré une formation ou trouvé un emploi dans les semaines qui ont suivi le chantier.

Après un chantier de trois semaines à l’école du Carreau durant l’été 2010, Arnaud, 23 ans, a été recruté en CDD pour participer à l’entretien dans les écoles de Meyzieu : « J’ai arrêté l’école à 16 ans et enchaîné les petits boulots avant d’être au chômage pendant un an. L’année dernière, du jour au lendemain, la mission locale m’a proposé d’intégrer un chantier dans les écoles. Etre tout le temps chez soi, ça pèse. Alors retravailler, ça fait du bien. En plus, j’ai été bien accompagné par ma référente, Maguy (agent d’entretien à l’école du Carreau). Ca m’a beaucoup apporté au niveau relationnel. J’ai surtout apprécié le travail avec les enfants au début du chantier. En septembre 2010, la Ville m’a proposé un CDD et depuis je n’ai pas arrêté, je jongle sans cesse d’une école à l’autre ! Aujourd’hui j’aimerai faire une formation de maître-chien alors j’économise grâce à ce travail ».

Arnaud en CDD

Arnaud en CDD dans les écoles de la Ville

Pour Vivien, 23 ans, le chantier effectué en 2010 au service espaces verts de la Ville a été une révélation : « Après mon BEP électrotechnique, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Cela m’a permis de découvrir un métier et de trouver ma voie. Après le chantier, j’ai tout de suite trouvé du travail comme jardinier dans une entreprise d’aide à domicile et en janvier, le service espaces verts m’a proposé un CDD jusqu’en septembre. J’ai retrouvé confiance en moi et j’ai pu prendre mon autonomie puisque j’ai mon appartement. Maintenant je me renseigne pour commencer une formation de jardinier peut-être en septembre ».

« Pour nous, c’est un plaisir d’aider ces jeunes et de voir qu’ils arrivent, comme Vivien, à trouver du travail après le chantier. L’équipe de jardiniers joue vraiment le jeu et les jeunes s’impliquent en respectant les horaires, la cadence de travail… » se réjouit Olivier, responsable des espaces verts au CTM.

 Se donner les moyens de réussir

Si la Ville s’investit dans ce dispositif c’est qu’il lui permet de répondre à un double objectif : soutenir des jeunes et les aider à trouver leur voie et améliorer le cadre de vie des Majolans. La prévention sociale et éducative, en particulier en direction des jeunes, fait partie des objectifs prioritaires de la municipalité. Une volonté forte qui se traduit par la mise en place de dispositifs variés et d’actions ciblées, innovantes et efficaces. Un pari gagnant !

Florence Boisseaud, conseillère municipale déléguée : « A Meyzieu, on se donne les moyens de réussir. Les chantiers d’insertion ne sont pas une vitrine, il y a une véritable volonté d’aider ces jeunes. Tous les intervenants s’impliquent, déploient toute leur énergie et cela paie puisque 50% des jeunes trouvent une formation ou un emploi dans l’année du chantier. Ces jeunes, que l’on stigmatise trop souvent, sont, pour la grande majorité, motivés et arrivent au bout de leur chantier avec les félicitations des équipes encadrantes. La mission locale joue d’ailleurs un rôle essentiel dans ce sens car elle prépare les jeunes en amont du chantier ».

Un avis partagé par Sandie Roux, responsable du service prévention de la Ville : « La réussite du dispositif s’appuie sur le travail de suivi réalisé avec les jeunes avant, pendant et après le chantier. Il ne faut pas de temps mort. Les bilans réalisés à la fin de chaque mission leur permettent d’avoir des repères nécessaires à la poursuite du parcours d’insertion. A travers l’insertion, on peut désamorcer pas mal de choses. Avec la mission locale, nous intervenons sur le volet formation, emploi mais aussi sur la santé, le logement pour aider le jeune à se remettre dans une dynamique positive. C’est un dispositif donnant-donnant : la structure accueillante donne de son temps, transmet un savoir-faire, un savoir-être, en échange les jeunes montrent de la motivation et de l’implication. Cela explique que nous proposions surtout des missions de courte durée mais renouvelables pour les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes ».

En 2011, une quarantaine de jeunes devraient transiter par les chantiers éducatifs et un trentaine par les chantiers de pré-insertion.

Date de modification : 15 mars 2011